Préparation de commandes traiteur avec emballages alimentaires kraft et contenants professionnels
Publié le 4 février 2026

Quand Sophie m’a appelé, elle était découragée. Trois caisses de barquettes kraft flambant neuves. Inutilisables. Ses plats en sauce traversaient le carton en moins de dix minutes. Elle avait commandé sur catalogue, sans tester. Résultat : 200 euros à la poubelle et des clients mécontents.

Cette erreur, je la vois toutes les semaines. Trop de professionnels commandent au hasard, noyés dans les catalogues de 500 références. Kraft, bagasse, PP, PLA… Les termes techniques s’accumulent, mais personne n’explique comment choisir selon votre réalité de terrain.

Les 4 critères de choix en 30 secondes :

  • Usage réel : plat chaud, froid, liquide ou solide ?
  • Résistance matériau : étanchéité, micro-ondes, température
  • Volume activité : quantités et fréquence de commande
  • Image souhaitée : classique, éco-responsable, premium

Les 4 critères qui comptent vraiment (le reste, c’est du marketing)

Oubliez les catalogues de 47 pages. Quatre questions suffisent pour éliminer 80% des mauvais choix. Le reste, franchement, c’est du détail.

Premier critère : qu’est-ce que vous mettez dedans ? Un curry ne voyage pas comme une salade. Un plat en sauce nécessite une étanchéité parfaite. Un dessert froid tolère le kraft simple. Dans mon accompagnement de professionnels en démarrage, je constate régulièrement la même erreur : choisir des barquettes kraft pour des plats en sauce. Le kraft non pelliculé absorbe les liquides, ce qui donne une présentation désastreuse et des fuites lors du transport.

Comparatif visuel des formats d’emballages selon les usages



Deuxième critère : votre client va-t-il réchauffer ? Si oui, tout change. Selon l’analyse technique Bioleader 2025, les contenants en bagasse supportent jusqu’à 220°C et passent sans problème au micro-ondes. Le polypropylène (PP) aussi, à condition de vérifier le pictogramme. Le kraft ? Ça tient une à deux minutes, guère plus.

Troisième et quatrième critères : volume et image. Un traiteur qui fait 20 événements par mois n’achète pas comme un food truck qui démarre. Et l’image compte : vos emballages sont la dernière impression que garde votre client. Cheap égale cheap dans sa tête.

Le piège du grammage : Un kraft 300g/m² semble robuste sur le papier. Mais sans pelliculage intérieur, il reste poreux aux graisses. Vérifiez toujours la mention « anti-fuite » ou « pelliculé » dans les spécifications.

Quel emballage selon votre métier ? Le guide par activité

Soyons clairs : un restaurateur et un food truck n’ont pas les mêmes contraintes. Votre métier dicte vos priorités. Voici comment vous orienter en moins d’une minute.

Quel emballage pour votre activité ?

  • Restaurateur avec service à emporter :
    Priorisez l’étanchéité et la compatibilité micro-ondes. Bagasse ou PP pour les plats chauds, kraft pelliculé pour les froids.
  • Traiteur événementiel :
    L’image prime. Optez pour des gammes coordonnées (barquettes + couverts + serviettes assorties). Le kraft premium ou la bagasse noire font pro.
  • Food truck et cuisine de rue :
    Rapidité et résistance. Formats empilables, ouverture facile, résistance aux chocs pendant le transport client.
  • Boulanger-pâtissier :
    Kraft simple pour le pain, boîtes rigides pour la pâtisserie. Attention aux graisses des viennoiseries : prévoyez un papier ingraissable.

Restaurateur avec service à emporter

Votre enjeu principal : le trajet entre votre cuisine et le domicile client. Ça secoue, ça penche, ça attend parfois 30 minutes dans un sac. Les barquettes à couvercle clipsé évitent les accidents. Pour les plats en sauce, je recommande systématiquement le PP transparent : étanche, micro-ondable, et le client voit ce qu’il mange.

Traiteur événementiel

Vous vendez une expérience, pas juste un repas. L’emballage fait partie du spectacle. Les gammes coordonnées (même couleur, même finition du contenant au couvert) marquent les esprits. Un surcoût de quelques centimes par couvert se rentabilise en image de marque. Prévoyez aussi des formats de présentation : plateaux kraft avec fenêtre, boîtes pâtissières rigides.

Food truck et cuisine de rue

Le succès de la cuisine de rue repose sur la rapidité. Vos emballages doivent s’empiler proprement, s’ouvrir d’une main, et survivre à un client qui marche en mangeant. Les bols kraft à couvercle ou les barquettes compartimentées fonctionnent bien. Évitez les fermetures trop complexes : en plein rush du midi, vous n’avez pas le temps.

Service rapide en food truck avec emballages adaptés



Kraft, bagasse ou PP : le comparatif terrain
Matériau Résistance liquide Micro-ondes Prix relatif Image éco
Kraft simple Faible 1-2 min max Bonne
Kraft pelliculé Moyenne Non recommandé €€ Moyenne
Bagasse Excellente Oui (220°C) €€€ Excellente
PP (polypropylène) Excellente Oui €€ Faible

Écologique ou pas ? Ce que les clients veulent vraiment

Le discours marketing est unanime : passez à l’écologique, vos clients adorent. La réalité terrain est plus nuancée. Selon une étude 2024 d’iligo Research Agency, seulement 39% des consommateurs favorisent activement les emballages éco-responsables. C’est 26 points de moins qu’en 2019.

Idée reçue n°1 : Tous mes clients veulent de l’écologique



Réalité : Ça dépend de votre clientèle. En centre-ville bobo, oui. En zone industrielle pour des plateaux-repas, beaucoup moins. Adaptez votre offre à votre public réel, pas à un idéal.

Selon le bilan 2025 d’Emballage Écologique, 81% des consommateurs se disent prêts à payer plus cher pour un emballage éco-responsable. Mais entre les déclarations et les actes, il y a un fossé. Ce que je conseille : proposez une option écologique visible, sans forcer la main. Et si vous cherchez des gammes variées qui couvrent les deux approches, des fournisseurs comme Sophissac proposent à la fois du classique et de l’éco-responsable, ce qui permet une transition progressive.

La loi AGEC impose des changements. D’après la règlementation officielle du Ministère de l’Écologie, les pailles, couverts jetables et boîtes polystyrène sont interdits depuis 2021. L’objectif : fin des emballages plastique à usage unique d’ici 2040. Autant anticiper plutôt que subir.

Commander sans se planter : quantités, tests et fournisseurs

J’ai accompagné Nadia l’année dernière. Son cas m’a marqué. Elle lançait son food truck spécialisé bowls sur les marchés de la région toulousaine. Ses premiers emballages plastique lui valaient des remarques constantes de sa clientèle éco-sensible. Mais la transition vers la bagasse lui semblait trop coûteuse au démarrage. La solution ? Une approche mixte : kraft pour les contenants, PLA pour les couverts. Montée en gamme progressive sur six mois.

Avant de passer commande : 5 vérifications


  • Commander des échantillons chez 2-3 fournisseurs (comptez 50€ maximum)

  • Tester en conditions réelles : remplir, fermer, transporter, réchauffer

  • Calculer votre volume mensuel (nombre de couverts × jours d’activité)

  • Prévoir un stock tampon de 2-3 semaines (les ruptures fournisseur arrivent)

  • Vérifier les délais de livraison réels (24h à 5 jours selon les fournisseurs)

La timeline que j’observe sur le terrain pour une première commande réussie : Semaine 1, vous analysez vos besoins réels. Semaine 2, vous commandez des échantillons chez trois fournisseurs différents. Semaine 3, vous testez en conditions réelles avec vos vrais plats. Semaine 4, vous passez commande volume avec 20% de marge stock.

Organisation du stock emballages en espace professionnel



Mon conseil après des années terrain : Les 50€ d’échantillons vous évitent 500€ de stock inutilisable. Je n’ai jamais vu un professionnel regretter d’avoir testé avant de commander en volume. Par contre, j’en ai vu beaucoup pleurer devant des cartons de barquettes inadaptées.

Si vous êtes boulanger-pâtissier et que vous réfléchissez à moderniser votre équipement global, pensez aussi à votre choix de caisse enregistreuse pour boulangerie : l’emballage et l’encaissement font partie de la même expérience client.

Et maintenant ?

Vous avez les critères, les pièges à éviter, la méthode. Reste à passer à l’action. Commencez petit : identifiez vos trois plats les plus vendus, trouvez l’emballage adapté à chacun, testez une semaine. Ajustez ensuite.

L’emballage parfait n’existe pas. Celui qui fonctionne pour votre activité, votre budget et vos clients, oui. Et ça se trouve en testant, pas en lisant des catalogues.

Rédigé par Marc Fontaine, accompagne les professionnels de la restauration et du commerce alimentaire depuis 2018. Basé en région toulousaine, il a conseillé des dizaines de traiteurs, restaurateurs et gérants de food trucks sur le choix de leurs emballages et contenants. Son approche privilégie la rentabilité et le pragmatisme plutôt que les effets de mode.